Photographie au flash

Je vous présente aujourd’hui un article ayant comme sujet la photographie au flash. C’est un sujet qui revient assez fréquemment sur le forum, et les questions sont souvent les mêmes alors j’espère que vous trouverez ici certaines réponses et sinon, n’hésitez pas à continuer à poser vos questions dans la section appropriée!

NOTE: Étant Canoniste depuis longtemps, j’ai tenté du mieux que je pouvais de conserver cet article « neutre », par contre comme mes connaissances des systèmes des autres marques sont plus limitées il est possible qu’il soit légèrement teinté par mon expérience personnelle avec mon matériel. Si vous notez des différences avec les systèmes des autres marques, s.v.p. m’en aviser pour que je puisse faire les corrections. Merci!

Pourquoi un flash?

Contrairement à la “croyance populaire”, l’utilisation d’un flash n’est pas réservée aux situations où la lumière est trop faible pour obtenir une exposition correcte. Il peut au contraire être utilisé pour balancer la lumière ambiante en servant de source de lumière secondaire et ainsi illuminer les zones trop sombres. Il peut aussi permettre de photographier un sujet qui est à contre-jour, alors que vous faites face au soleil. Dans plusieurs situations le flash, si bien utilisé, peut grandement amélioré vos photos même si vous utilisez un objectif à grande ouverture comme un 50mm f/1.8 par exemple.

Vous avez déjà un flash sur votre appareil numérique?

Le flash de votre APN, communément appelé flash “popup”, a une puissance plutôt limitée, et une forte tendance à produire des photos avec une lumière qui nous semble dure et assez peu naturelle. La principale raison est que la source de lumière est parallèle à l’axe de la prise de vue, et les ombres derrière le sujet seront très prononcées. Pour le portrait c’est un type de lumière qui est assez peu flatteur… Donc le flash popup est pratique pour dépanner, mais si vous êtes intéressés à obtenir de meilleurs résultats, un flash externe sera votre meilleur allié.

Les flash externes

Je parlais plus tôt du flash popup qui produisait une lumière peu naturelle… Pour palier à ce problème, une solution simple est de projeter la lumière sur le plafond ou un mur pour la diffuser et ainsi obtenir un éclairage plus uniforme et moins directionnel.

Les flash externes sont très intéressants parce que la plupart permettent justement d’orienter la tête du flash afin de profiter d’un effet qu’on appelle souvent un rebond, ou “bounce”. En plus de cette fonction très pratique, les flash externes sont la plupart du temps équipés de modes plus avancés, automatiques et/ou manuels, vous permettant d’exploiter pleinement leur puissance, qui est d’ailleurs de beaucoup supérieure à celle du flash popup. C’est un outil qui une fois bien maîtrisé peut vous aider grandement dans votre approche photographique.

Les termes techniques

Le nombre guide

Le nombre guide, ou NG (ou encore GN en anglais, Guide Number) est un indicateur de la puissance du flash. Il est généralement exprimé en mètres, et donne la distance maximale à laquelle le flash pourra donner une puissance suffisante pour exposer correctement une photo à 50mm et f/1 à ISO 100.

La formule s’exprime ainsi : NG = distance X ouverture

Il n’est pas très important de comprendre cette formule pour le moment, simplement de comprendre que plus le nombre guide est élevé, plus le flash sera puissant.

TTL

En mode automatique, la puissance qui sera nécessaire pour obtenir une photo correctement exposée est calculée en utilisant un système TTL (Through The Lens). C’est pourquoi vous voyez souvent ce terme utilisé (E-TTL chez Canon, I-TTL chez Nikon, etc) dans la documentation liée à votre flash. En gros, lors de la prise d’une photo avec le flash en automatique, le boitier commande au flash d’émettre un pré-éclair qui servira à mesurer la puissance du flash. Une fois l’ajustement fait, la photo est prise et le flash est déclenché. Le tout se fait en une fraction de seconde, et ce n’est pas perceptible.

Synchronisation au premier rideau versus second rideau

Pour bien comprendre la différence entre les deux, il faut comprendre le fonctionnement de votre boitier lors de la prise d’une photo. Lorsque vous appuyez sur le déclencheur, le miroir se relève et le premier rideau s’ouvre et expose le capteur à la la lumière qui arrive de l’objectif. Lorsque le temps d’exposition est atteint, le second rideau se referme, et le miroir se remet en position fermée.

Par défaut, votre boitier déclenche le flash lorsque le premier rideau s’ouvre. Dans la plupart des situations c’est ce que vous voulez. Mais si par exemple vous désirez photographier un objet en mouvement, il est préférable d’utiliser la synchronisation au second rideau. À ce moment, le boitier va déclencher le flash tout juste avant de fermer le second rideau, et donc à la fin de l’exposition. Ceci permettra d’obtenir une photo avec le flou de mouvement derrière le sujet, celui-ci étant figé par le flash seulement à la fin de l’exposition.

Synchronisation à haute vitesse

Selon les spécifications de votre boitier, la synchronisation avec le flash peut s’opérer jusqu’à  environ 1/250s (un peu moins ou un peu plus sur certains boitiers). Au dessus de la vitesse maximum de synchronisation, le flash ne fonctionnera pas.

La raison est fort simple… En basse vitesse, donc en dessous de la vitesse maximum de synchro  le premier rideau s’ouvre complètement avant que le second rideau se referme. Le flash se déclenche donc alors que le capteur est complètement exposé. Par contre, au dessus de la vitesse maximum de synchro, le second rideau commence à se fermer avant que le premier soit complètement ouvert. Le déclenchement du flash à ce moment n’exposerait correctement qu’une partie du capteur.

Pour palier à ce problème, certains flash possèdent une fonction « synchro haute vitesse » ou le mode FP. Dans ce mode, le flash émet une série d’éclairs pendant la durée de l’exposition, assurant ainsi que l’ensemble du capteur sera bien exposé.  Il faut par contre considérer que dans ce mode, le flash ne pourra pas donner sa pleine puissance car il doit émettre un éclair plus long que la normale.

Connaitre votre flash, technique de base

Dans cet article nous nous limiterons à l’utilisation de votre flash en mode automatique, qui sera le mode que vous utiliserez le plus souvent lorsque le flash se trouve sur votre boitier. En mode automatique, ou TTL, le boitier et le flash communiquent ensemble afin de s’assurer que l’exposition sera correcte dans la majorité des situations.

Cependant, il est important de noter que votre flash se comportera de façon différente selon le mode que vous utilisez sur votre boitier.

Note importante: L’évaluation de l’exposition au flash est calculée de façon différente d’une marque à l’autre, et par exemple chez Nikon le boitier ne passe pas automatiquement en mode « fill in » dans les modes autres que P, contrairement à Canon. Donc si vous avez du matériel autre que Canon, veuillez vous référer aux manuels de votre boitier et de votre flash afin de connaitre la façon de procéder.  Autre que cet élément, le reste de l’article s’applique à la photographie au flash en général et devrait être valide pour toutes les marques.

Mode P

Ce mode étant presque complètement automatique, si votre flash est en fonction le boitier conservera une vitesse d’exposition typique de 1/60s et utilisera le flash comme source de lumière principale. Vous serez alors pratiquement certain de toujours obtenir une exposition correcte, au détriment du contrôle sur l’ouverture. Dans certaines situations le flash aura tendance à « brûlé » le sujet ou la scène car sa puissance sera légèrement trop élevée. C’est un mode qui s’utilise bien sur le vif et demande assez peu de réflexion et d’ajustements, mais utilise peu la lumière ambiante.

Mode priorité ouverture (Av ou A)

Dans ce mode, le flash passe en mode « fill-in », c’est à dire qu’il n’est plus considéré comme source de lumière principale, mais comme source d’appoint. Le boitier fera une mesure d’exposition basé sur la lumière ambiante, et utilisera le flash pour illuminer l’avant-plan correctement. Le problème avec ce mode c’est que le boitier contrôle la vitesse d’exposition, et celle-ci peut se retrouver en dehors de la plage de synchronisation, ce qui demande une attention de votre part. Ce n’est pas le mode idéal pour la photographie au flash.

Mode priorité vitesse (Tv ou S)

Comme dans le mode priorité ouverture, le flash fonctionne en mode « fill-in ». L’avantage ici est d’avoir le choix de la vitesse d’exposition. En sélectionnant une vitesse à l’intérieur de la plage de synchronisation, vous vous assurer que le flash va déclencher à tous coups. Vous avez alors le choix d’utiliser une vitesse plus rapide pour les situations qui le demandent, ou plus lente afin d’avantager le plus possible la lumière ambiante. C’est un mode qui s’utilise assez bien, au détriment bien sur du contrôle sur l’ouverture utilisée.

Mode manuel (M)

En mode manuel, vous reprenez le contrôle de l’ouverture et de la vitesse. C’est un mode qui vous servira très bien en photographie avec flash car il permet un meilleur contrôle de la lumière ambiante en vous laissant décider à quel point elle sera présente ou non en ajustant l’exposition vous-même et en vous guidant sur l’indicateur au bas de votre viseur. Dans ce mode, le flash lui fonctionne toujours en automatique (TTL), donc le boitier se chargera de calculer la puissance nécessaire pour obtenir une exposition correcte de l’avant plan.

Compensation de l’exposition au flash

La plupart de boitiers vous permettent d’influencer la puissance du flash lorsque celui-ci est en mode automatique en ajustant la compensation d’exposition au flash. Cet ajustement fonctionne comme la compensation « normale » de l’exposition mais n’affecte que le calcul de l’évaluation de la puissance nécessaire pour obtenir une exposition au flash. Si vous réduisez l’exposition à -1 le boitier réduira la puissance du flash pour obtenir une exposition de -1 Ev en dessous de ce qu’il avait calculé. Note: sur certains flash vous pouvez aussi ajuster la compensation directement sur le flash ou lieu de le faire sur le boitier.

Quelques petits conseils

Quand les conditions le permettent, utilisez le plafond ou un mur pour diffuser la lumière en tournant la tête du flash. Par contre attention à la couleur de la surface, qui doit être blanche, car sinon vous aurez une dominante de couleur sur vos photos.

Si vous ne pouvez pas utiliser une surface pour faire un rebond, vous pouvez opter pour un diffuseur comme le OmniBounce. C’est un petit diffuseur qui peut s’avérer pratique, qui se transporte bien et qui ne coute pas très cher (15-20$). Il aura pour effet de produire une lumière moins dure lorsque vous utilisez votre flash en lumière directe. Nous reviendront sur ce sujet lors d’un prochain article.

Utilisez un des modes priorité ouverture ou vitesse, ou encore mieux le mode manuel sur votre boitier. Comme expliqué ci-dessus, ces modes forcent le flash en mode « fill in » et procurent une meilleure utilisation de la lumière ambiante. Le mode manuel est le plus intéressant et avec un peu de pratique celui qui vous donnera les meilleurs résultats.

Les boitiers ont parfois tendance à « brûler » le sujet (l’avant plan) lorsque le flash est utilisé en lumière directe. Si c’est le cas, ajustez la compensation d’exposition au flash à -1/3 Ev ou même -2/3 Ev.

N’hésitez pas à ajuster les ISO sur votre boitier.  C’est souvent un paramètre qui est oublié lorsque l’on utilise le flash.  En augmentant la sensibilité de votre capteur (plus haut ISO), vous favoriserez l’utilisation de la lumière ambiante.  Inversement, un plus bas ISO forcera le boitier à augmenter la puissance du flash pour obtenir une exposition correcte, au détriment de la lumière ambiante.

Le dernier conseil que nous pourrions vous donner est de faire des essais, des essais, et encore des essais! Il n’y a rien comme la pratique, et ce qui peut vous sembler complexe aujourd’hui deviendra rapidement un automatisme dans quelques temps!

Discussion ici.

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